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Crédit photos - AC Tarascon




Dernier des Princes d'Anjou à régner, connu
comme grand bâtisseur, artiste et amateur de culture


La dynastie des Princes angevins
De 1265 à 1480, les princes de la Maison d'Anjou règnent depuis leurs terres des bords de Loire sur la Provence, l'Italie et l'Europe centrale (la Hongrie). Par une habile politique d'alliances et de mariages, la Maison d'Anjou est présente sur un domaine qui s'étend de l'Anjou au Danube. Fins politiques, les princes sont aussi des amateurs d'art et le faste des cours angevines favorise l'émergence de riches foyers artistiques. Témoignages d'un art médiéval européen des plus fastueux, les pièces d'orfèvrerie, les fresques, les peintures, les enluminures, les statuaires sont autant d'exemples de production souvent exceptionnelles commanditées par les souverains. La période du 12ème au 15ème siècle est l'une des plus brillantes de l'histoire de l'art qui préfigure la Renaissance.


Crédit photos -  AC TarasconLe Roi René

René 1er d'Anjou dit "Le Bon" appartient à la troisième Maison d'Anjou.
(Angers 1409 – Aix en Provence 1480, enterré à la cathédrale d'Angers)

Duc d'Anjou, de Bar (1430-1480) et de Lorraine (1431-1453)
Comte de Provence (1434-1480)
Roi de Naples (1438-1442), roi titulaire de Sicile (1434-1480) et roi nominal de Jérusalem.
L'Anjou et la Barrois sont des fiefs relevant de la Couronne, la Lorraine, la Provence et le royaume de Naples, des possessions complètement indépendantes, la roi de France n'y exerce aucune autorité.

Le Roi René et son histoire

Il est le fils de Louis II d'Anjou et de Yolande d'Aragon (leur mariage eut lieu à Arles en 1400), la "reine aux 4 royaumes" (Aragon, Sicile, Chypre et Jérusalem). Cette femme intelligente et avisée sait diriger l'Anjou et la Provence durant les nombreuses absences de son époux et assure l'avenir de ses cinq enfants. René était son cadet et comme tel, n'est pas destiné à hériter des terres de son père, c'est pourquoi sa mère Yolande essaye de lui constituer un héritage. Elle le fait adopter par son oncle, le cardinal-duc Louis de Bar qui n'a pas d'héritier, elle dit promettre en garantie que René épousera Isabelle de Lorraine. René quitte donc le duché d'Anjou pour être élevé par son oncle qui lui transmet son goût de l'érudition, de l'art et de la chevalerie.

A l'âge de 11 ans, il épouse Isabelle, fille et héritière du duc Charles II de Lorraine le 24 octobre 1420 dont il s'éprend et aura quatre enfants. Il doit se battre pour la succession du duché de Bar avec son rival, Antoine de Vaudémont, un descendant de la maison de Lorraine qui revendique la succession et qui parvient à retenir René prisonnier en Franche-Comté. René est finalement libéré après de longues années au prix de fortes rançons, de sacrifices et de mariages de "réconciliation".

Fidèle au roi Charles VII qui avait épousé sa sœur Marie, il assiste au sacre de Reims en 1429. Ami de toujours du roi, il contribue à l'arrêt des luttes franco-anglaises en jouant un rôle actif dans les négociations de Tours et en mariant sa fille Marguerite à Henri VI d'Angleterre en 1445. Puis il participe à ses côtés à la reconquête des provinces perdues.

A la mort de son frère aîné Louis III d'Anjou, le 15 novembre 1434, sa succession revient de droit et par sa volonté, à René, Duc de Bar et de Lorraine. Le 2 février, Jeanne de Duras, reine de Sicile laisse par testament son héritage au second fils de Louis II. René, déjà Duc de Bar et de Lorraine se trouve duc d'Anjou, roi de Sicile et de Jérusalem*, comte de Provence. Jamais un prince de la Maison d'Anjou n'avait possédé une telle étendue et une telle variété de territoires. Il devient une grande puissance féodale, promise à un destin prépondérant. Dès lors on ne l'appelle plus que le roi René ou le roi de Sicile. Comme son père et son arrière grand-père avant lui, il s'engage dans l'aventure italienne où plusieurs partis se déchirent le pouvoir depuis deux générations. Les Aragonais, avec le concours d'alliances avec les italiens, gagnent du terrain et René finit par perdre son royaume de Naples en 1442.

Il consacre alors son temps à l'administration et au développement de l'Anjou, de la Lorraine et de la Provence. Il fait prospérer ainsi les villes d'Angers, Aix en Provence et Tarascon qui possèdent alors chacune un établissement monétaire.

René voyage beaucoup et partage son temps entre ses différents domaines transportant meubles, tapisseries, objets d'art et le vin qu'il faisait lui-même dans son manoir de Chanzé.

Les séjours du roi en Provence

Crédit photos -  Office de tourisme / S.LARROQUELors de son premier séjour à Tarascon (1447-1149), le dauphin Louis, futur Louis XI, retiré en Dauphiné, rend visite à son oncle, René d'Anjou, roi de Sicile et Comte de Provence en mai 1447 sous prétexte de faire le pèlerinage de Sainte Madeleine à Saint-Maximin et à la Sainte-Baume. Il arrive à Tarascon où son oncle le reçoit avec faste et affection. Il visite l'église Sainte-Marthe comme il se doit et encourage le projet de pratiquer les fouilles de Notre-Dame de la Mer (les Saintes Maries) que son oncle entreprend l'année suivante. Cependant, le Dauphin est venu quérir une alliance auprès de son oncle contre son père le roi de France Charles VII que celui-ci ne peut lui accorder par l'indéfectible amitié et fidélité qui le lie à son compagnon d'enfance. Louis XI devait garder rancune à son oncle de cette visite insatisfaite et stérile.

Quoique sa résidence est fixée à Angers, René gouverne la Provence. Au mois de février 1447, René quitte l'Anjou emmenant avec lui son Conseil et toute sa Maison par bateau en remontant le cours de la Loire jusqu'à Roanne, de Roanne à Lyon par voie de terre, de Lyon jusqu'à Tarascon par bateau en descendant le Rhône. Le voyage dure une quinzaine de jours, il l'a déjà fait plusieurs fois avec une suite moins nombreuse, à cheval d'Angers à Lyon où il emprunte la voie fluviale pour gagner son comté. Le roi de Sicile et sa famille séjournent deux ans et demi en Provence, très occupé à protéger son Comté contre les incursions des Aragonais. En 1447, une galère espagnole s'est introduite dans le port de Marseille, pour le défendre à l'avenir, René décide la construction d'une tour commencée en 1448, elle est terminée en 1452.

Lors de son séjour en Provence, René s'efforce de traiter avec Alphonse d'Aragon pour rétablir en Méditerranée la sécurité de la navigation et du commerce, il conclue avec lui une trêve que ce dernier refuse de renouveler, la rupture devient alors complète avec le monarque aragonais. Le comte de Provence plus heureux avec les Génois, conclue avec eux le 20 août 1448 un traité garantissant aux navires provençaux la liberté de navigation sous condition de réciprocité et de l'ouverture du port de Gênes. Ainsi, il manifeste le souci de réaliser au profit des ses sujets les conditions de la prospérité.

 

Le Roi René et Les Saintes Maries de la Mer

Crédit photos -  BNF. Camée du roi René par Francisco Laurana, 1476-1480Au couvent des Dominicains à Aix, le dauphin Louis apprend par un discours que la ville de Notre-Dame de la Mer a le bonheur de posséder les reliques cachées des Saintes-Maries. Connaissant la grande dévotion de son oncle pour les Saintes, Marie-Jacobée et Marie-Salomé, il l'encourage à faire rechercher leurs restes sacrés. Le pieux monarque se rend aux Saintes-Maries de la Mer, interroge les religieux de l'endroit, recueille les traditions locales. Convaincu de la présence des reliques des saintes femmes, le roi René demande à Nicolas V l'autorisation de faire les recherches nécessaires. Le pape y consent par une bulle datée du 3 août 1448 et délègue comme commissaires apostoliques Robert Damien, Archevêque d'Aix et Nicolas de Brancas, Evêque de Marseille. Le chambellan du roi René, le Chevalier d'Arlatan prend la direction des travaux.
A l'issue des fouilles pratiquées dans l'ancien oratoire situé au centre de l'église, sont découverts les ossements des Saintes Marie-Jacobée et Marie-Salomé ainsi que ceux de Sainte-Sarah. Le Roi René fait part immédiatement de ces découvertes au Pape et le prie de déléguer pour la translation le Cardinal Pierre de Foix, légat du Pape pour le Comtat-Venaissin. Après de nombreuses formalités ayant pour but de prouver l'authenticité des saintes reliques, le 21 novembre , le Cardinal Pierre de Foix, dans l'église de Notre-Dame de la Mer, en présence du Roi René reconnait l'intégralité des sceaux et l'authenticité des ossements. La cérémonie de translation des corps saints a lieu le 2 décembre. Ce jour là sont réunis chez le bailli de Notre-Dame de la Mer : le comte de Provence et Roi de Sicile et de Jérusalem, la reine Isabelle de Lorraine, le Cardinal de Foix, légat du Pape Nicolas V, d'autres ecclésiastiques et personnalités.
Ce fut un grand moment de joie pour le roi René de présider à la vérification et à l'exaltation de ces reliques avec le cardinal de Foix et tous les évêques de la province, un grand nombre de prêtres, de docteurs en philosophie …

Les cérémonies furent magnifiques et le Roi René donnait alors à la petite ville de la mer, le nom des Saintes Maries de la Mer avec des armoiries présentant une barque sans voile, voguant en pleine et portant plusieurs passagers. Le procès-verbal des cérémonies auxquelles présidait le roi, transcrit sur parchemin est conservé dans les archives de l'église. René d'Anjou faisait présent à l'église de trois tableaux, deux bassins d'argent qui servirent plus tard à former les deux reliquaires connu sous le nom de Saint-Bras.
Enfin, une fête spéciale fut instituée pour perpétuer le souvenir de cette translation solennelle.
En 1948, une cérémonie présidée par Mgr Roncalli (futur Jean XXIII) devait célébrer le cinquième centenaire de la découverte des reliques par le roi René.

La santé de la reine Isabelle, son épouse, demeurée en Anjou, obligea le roi d'y revenir précipitamment. Après 32 années de mariage, le 28 février 1453, sa royale compagne s'éteint à l'âge de 43 ans. Très affecté par la disparition de son épouse bien-aimée, livré à une tristesse profonde, le roi la laisse d'ailleurs paraître dans de touchantes manifestations : emblèmes de deuil peints sur les peints de tous les lieux qu'ils avaient le plus aimés, gracieuses peintures sur les livres de prières des deux époux. Le roi de Sicile était très affecté de la mort de son épouse qui l'avait toujours soutenu dans les jours sombres (emprisonnement dans les prisons de Philippe Le Bon, duc de Bourgogne, les problèmes du royaume de Naples et son départ pour l'Italie pour la reconquête du domaine de son royal époux alors en prison…) et elle l'avait aidé par son courage à défendre l'héritage de leurs ancêtres.

Après la mort de sa femme Isabelle de Lorraine, il tente encore une fois mais vainement de faire valoir ses droits sur le royaume de Naples, il transmit le duché de Lorraine à son fils Jean de Calabre (1453) et confia l'administration du duché de Bar à son gendre Ferry II de Lorraine-Vaudémont (1456). Le 21 février 1464, il nomme ce dernier Sénéchal d'Anjou, puis gouverneur et grand Sénéchal de Provence, il l'a fit son lieutenant-général à Naples et plus tard en catalogne où il succède à son fils, Jean d'Anjou.

L'année n'était pas écoulée que ce veuf inconsolable (45 ans) convolait en justes noces avec une jeune fille de 22 ans : Jeanne de Laval, fille d'Isabelle de Bretagne et de Guy de Laval. Ce deuxième mariage sera aussi heureux que le premier.

   

Remarié, le Roi René renonce alors à la grande politique et partage désormais sa vie entre les provinces qui lui restaient, l'Anjou et la Provence. Le roi René s'attache alors à restaurer leur prospérité économique et se consacre à la réforme de l'administration.

Lors d'un autre séjour en Provence, à Tarascon le roi René fit don à son épouse connue sous le nom de la "Reine Jeanne", de la baronnie des Baux, possession des comtes de Provence.

Le 22 juillet 1461, Charles VII meurt, l'irrascible dauphin devient roi et René ne l'apprécie guère (cf. lors de son voyage en Provence en 1448, lors de son immixtion dans les affaires d'Italie en 1453, Louis avait d'abord voulu gagner René à sa cause, ensuite le supplanter et avait échoué dans ses entreprises).

René regagne l'Anjou au mois de février 1462. A la cour de Charles VII, il occupait une position prépondérante, il sait qu'avec son neveu, il n'aura plus qu'un rôle effacé.

Après avoir perdu définitivement Naples (années 1462-1463), René considère comme une nécessité l'affermissement de son comté de Provence, possession entièrement indépendante de la couronne de France.

Plus tard, René va perdre pratiquement tous ses héritiers, fils et petit-fils. Il ne lui reste qu'un neveu, Charles, qui va s'allier avec Charles Le Téméraire. C'est pourquoi à la mort de René en 1480, Louis XI va profiter de la situation pour annexer le duché d'Anjou au royaume de France. Ainsi, Louis XI réussit à constituer l'unité française mais met fin du même coup à la gloire des Ducs d'Anjou.

Renonçant à toute ambition politique dès 1471, il s'occupe de sa succession. Il en exclut son neveu, le roi de France, Louis XI, qui furieux, lui saisit tous les revenus du duché d'Anjou.

Peu après le traité de Lyon (1476), le roi René doit convenir que ses possessions reviendront à la couronne de France. Le roi René s'éteint à Aix en Provence le 10 juillet 1480 en laissant l'Anjou à l'un des ses neveux, Charles du Maine, qui meure l'année suivante à Marseille le 11 décembre 1481. Charles léguait la Provence au roi Louis XI, la frontière du Rhône est abolie et le comté de Provence tout comme le château de Tarascon appartenait au royaume de France.

René, meurtri dans ses affections les plus tendres, maintes fois trahi par ses alliés politiques jouet de la fortune ou des événements, tantôt vainqueur, vaincu ou prisonnier, connut les fastes de la Cour de Lorraine, les témoignages d'amitié et de fidélité de ses sujets provençaux et les divertissements de sa capitale napolitaine, mais il n'était jamais qu'en transit. Harcelé par les tracasseries de son neveu le roi de France, désormais, c'est dans son duché d'Anjou ou son comté de Provence que le roi de Sicile et de Jérusalem allait vivre comme un seigneur féodal et un prince de la Renaissance.

 

Pour en savoir plus



L'épisode anglais et sa fille Marguerite :

En Angleterre où la querelle d'Edouard IV avec Warwick a remis soudain sur le trône Henri VI et la rose rouge, le jour de Pâques 1471, la rose blanche livre à la reine Marguerite la sanglante bataille de Tenkesbierg, Warwick alors tué, Marguerite est emprisonnée dans la tour de Londres où se trouve déjà son royal époux qui y périra égorgé vif. Son fils le Prince de Galles amené devant Edouard IV ne voulant pas le reconnaître comme souverain, est alors massacré sous les yeux de sa mère. Son père, le Roi René envoie à sa fille cinquante mille écus pour sa rançon et Louis XI, son cousin en fit autant en exigeant toutefois que Marguerite lui cède ses droits éventuels sur la Lorraine, l'Anjou, le Barrois et la Provence. De retour en France, Marguerite meurtrie par les massacres de son mari et son fils, se retire en Anjou.


L'épisode catalan :

Les catalans ayant perdu par la mort de Don Pedro de Portugal qu'ils se sont donné pour souverain après avoir renversé Jean II au début de l'année 1468, offrent à René le trône en raison des droits qu'il a sur la pays par sa mère Yolande d'Aragon, René accepte l'offre et confie le soin de l'expédition à son fils le duc de Calabre. René érige Gérone en principauté et en donne le titre à son fils en 1470. Une maladie mortelle l'emporte le 16 juillet 1470 à Barcelone. Le fils naturel de Jean d'Anjou, le bâtard de Calabre qui guerroye avec lui, est alors investi par acte du 14 mars 1471 du gouvernement des affaires espagnoles. Cependant, les catalans proclament roi d'Aragon le seul héritier mâle du duc de Calabre, Nicolas, marquis du Pont; mais ce jeune prince retenu par les affaires du duché de Lorraine n'est pas pressé de gagner la Catalogne. La plupart des territoires acquis sont perdus dans l'année, la Catalogne se soumett enfin à Don Juan d'Aragon à la fin de l'année 1471.


  Crédit photos -  AC Tarascon

Portrait du Roi

Crédit photos -  AC Tarascon Profil du Roi renéEn ce siècle tourmenté, la Cour d'Anjou est des plus fastueuses employant de nombreux conseillers et serviteurs, s'entourant d'artistes et multipliant les fastes chers aux Valois (tournois, bals, fêtes).

Le mécène

Le mécénat des ducs d'Anjou a fortement contribué au développement des arts et de l'architecture et l'empreinte très populaire du Bon Roi René est encore très forte en Provence comme en Anjou.

Amateur d'art, de fêtes et des plaisirs de la table, le Roi René est un mécène généreux pour les artistes, les architectes et les poètes.

Son long séjour au royaume de Naples, lui a permis de rencontrer et côtoyer les maîtres de l'école d'Italie : Coleulino del Fiore, Angelo Franco, Antonio Solario. Il s'entoure très souvent de gens de lettres, de peintres et de musiciens. Il fait venir de Lorraine des peintres flamands où il a connu Van Eyck, de Naples des sculpteurs réputés, de la célèbre école de peinture d'Avignon le plus prestigieux des maîtres du 15ème siècle : Nicolas Froment, ou encore Enguerrand Charton, artistes qui illustrèrent son règne. A la fin du 15ème siècle, une quarantaine d'artistes résidant à Aix en Provence travaillent sous contrat pour le Roi René et réalisent des œuvres de prestige et participent à la décoration des fêtes.

Le roi collectionne aussi les manuscrits enluminés (nouveauté de son temps) et les livres imprimés. Les débuts de l'imprimerie reçoivent son encouragement, il acquiert les premières éditions de Cicéron, d'Hérodote, de Saint-Jérôme et d'autres.

L'enseignement public retient particulièrement son attention, il protège non seulement l'université d'Aix mais fonde aussi des bourses gratuites dans les écoles notamment d'Aix, d'Avignon et d'Angers, il s'occupe lui-même de la refonte des livres élémentaires. L'instruction des enfants est pour lui l'objet d'une surveillance importante et il installera d'ailleurs dans son propre château en Anjou une école où les enfants étaient logés, nourris et instruits gratuitement.


Généreux, le Roi René est aussi proche du peuple, il se mêle familièrement aux petites gens et participe volontiers aux fêtes et aux tournois. Il n'hésite d'ailleurs pas à en organiser lui-même.


Ses résidences

Le palais d'Aix, le château de Tarascon, le manoir de Pertuis, la maison royale de Marseille sont ses résidences. Les souverains aiment particulièrement la ville de Tarascon et séjournent souvent dans le château édifié par leurs ancêtres.

De ses ancêtres, il a reçu de nombreuses demeures qu'il améliore et transforme avec somptuosité au cours des années. Les murs de ces demeures seigneuriales sont selon le style du 15ème siècle, parés des plus somptueuses tapisseries, les sols recouverts de tapis de laine et de fourrures… Il fait construire dans ces châteaux de Tarascon, Angers et aussi Saumur des galeries lui permettant de suivre, sans quitter ses appartements spectacles et cérémonies. Ces nouvelles préoccupations d'apparat préfigurent bien les galeries des châteaux de la Renaissance.

René aime aussi les jardins. La création, la disposition et l'entretien de ceux qui agrémentent ses demeures, sont l'objet de ses recommandations. On lui doit le développement des jardins d'agrément à la fin du Moyen-Age. Passionné de décorations florales, René contribue à l'embellissement du jardin des ses châteaux. Sensible aux fleurs, ses préférences vont vers l'œillet et la rose mais les animaux y tiennent leur place aussi, il installe de grandes volières, élève des chevaux, des meutes de chiens, même une ménagerie où il acclimate toutes sortes d'espèces d'animaux sauvages (lions et léopards) dans les dépendances du château d'Angers, un troupeau de moutons…

Dans ces beaux décors, ce ne sont que fêtes et bals; les Valois on le sait, ont une véritable passion pour ces distractions. Les spectacles mystiques ou profanes, les processions font partie de l'habituel programme des réjouissances.

L'artiste et l'homme de lettres

Grâce à la fréquentation des peintres des Flandres et de Lorraine, habitués de la Cour de Nancy, le Roi René a cultivé ses dispositions naturelles à manier les couleurs et les pinceaux. Prisonnier dans la tour de Bar à Dijon, il s'applique à dessiner sur verre. Toute sa vie, il a trouvé une joie à peindre des devises, des emblèmes et des scènes de chasse...
Des œuvres complètes sont réalisées sous sa direction : Le Buisson Ardent, conservé à la cathédrale d'Aix, la Prédication de la Madeleine, déposée au musée de Cluny.

A la mort de son épouse, le roi s'adonne à l'art de la miniature sur vélin, porté à cette époque à un rare degré de perfection. Il peint pendant son veuvage un manuscrit connu sous le titre de "preces pioe" ou heures latines du Roi René. Ce livre pieux est un hommage rendu à la mémoire d'Isabelle, plus tard, il devait l'offrir à sa nouvelle épouse.



Sous l'influence de Jeanne, le Roi René se laisse aller à son goût pour la nature, pour les retraites champêtres, il se livre à l'étude et à la pratique des lettres, des arts et des sciences car c'est un des esprits les plus cultivés de son temps et un mécène éclairé qui protége les artistes.

Après son remariage, il termine un ouvrage mystique en prose et en vers :"Le Mortifiement, ou Mortification de la vaine plaisance", dialogue pieux entre l'âme dévote et le cœur. On lui connaît aussi des poésies en français, en italien et même en provençal, telles que des rondeaux, des fabliaux, des comédies, des dialogues et même quelques satires.

Il écrit lui-même une œuvre allégorique "Le Coeur d'Amour épris" magnifiquement illustrée par de très belles enluminures de Van Eyck conservé à la bibliothèque nationale de Vienne.

Avec le temps, son goût pour les lettres et les arts ne fait que grandir. C'est surtout à la décoration qu'il consacre son talent : peintures d'emblèmes, d'armes, de devises, de représentations de scènes de chasse et décors rustiques.

René est un des esprits les plus complets de son époque, il connaît le latin, le grec, l'hébreu, l'italien, le catalan. Il joue et compose de la musique, s'essaie à la poésie, connaît la théologie, l'astronomie, les mathématiques, la médecine. La jurisprudence et la géographie a pour lui un attrait tout particulier. 

A visiter: lacourduroyrene.fr.st / Contact: lacourduroyrene@free.fr
 
 
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