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Les Origines de Tarascon (suite)

De nombreux pèlerins accoururent, et les plus grands rois de France se recueillirent sur son tombeau. Le 1er, Clovis, en l'an 500, accorda certains privilèges à la ville, privilèges confirmés par ses successeurs, et Louis XI eut beaucoup de libéralités pour l'église qu'il éleva au rang de Collégiale. Jusqu'à la Révolution, on pouvait compter jusqu'à 15 couvents qui accueillaient pèlerins et personnalités. En 843, lors du partage de l'Empire de Charlemagne, le Rhône devint une frontière politique et Tarascon revêtit une importance stratégique de premier ordre.

En 1435, René d'Anjou, surnommé par ses sujets "Le Bon Roy René", hérita de la Provence et vint séjourner souvent dans son château au bord du Rhône. Il réunit autour de lui une cour de chevaliers, de nobles familles et d'artistes, ce prince se plaisait à organiser des tournois et des fêtes. Il organisa ainsi les Jeux de la Tarasque qui, de nos jours ont lieu chaque année, le dernier week-end de juin. A sa mort, en 1481, la Provence devint française.

La prospérité de la cité ne déclina qu'à la Révolution et, de ce riche passé, elle a conservé un patrimoine très important. C'est beaucoup plus tard, qu'un autre personnage marqua l'histoire de Tarascon. En effet, en 1872, Tartarin de Tarascon naquit sous la plume d'Alphonse Daudet.

Tarascon au XVème siècle
Echelle 1/ 6500
Crédit photos -  Office de tourisme / S.FRAISSARD

- - - Première enceinte
+++ Enceinte de Charles 1er
¾ Remparts du XIVème siècle

O Tours
T1 Tour Neuve
T2 Tour de las Malheas ( de l'hôpital ou ronde)
T3 Tour carrée
T4 Tour de l'obole

==Portes
P1 Portalet de la Roquette
P2 Porte Jarnègues
P3 Porte de la Condamine
P4 Portalet de la Fracha
P5 Portalet des fausses brayes (Lubières)
P6 Porte de la Reine
P7 Porte Saint Jean

Lieux
1 Château
2 Collégiale Sainte Marthe
3 Saint Honorat
4 Carrière (Juifs)
5 Ostal commun
6 Cimetière Saint-Michel
7 Cordeliers
8 Ancien hôpital Saint-Nicolas
9 Trinitaires
10 Dominicains
11 Nouvel hôpital Saint-Jacques
12 Saint Bonaventure


Gâches (ou quartiers)
C = Castel
M = Marché
P = Pin
L = Lubières
SN = Saint-Nicolas
C = Condamine
V = Vigne
AV = Arrière-Vigne

 

Histoire de Tarascon du 1er siècle à 1945

Carrefour stratégique depuis l'Antiquité, Tarascon, petite bourgade de pêcheurs devient dès le 1er siècle après Jésus-Christ un centre religieux important…

Depuis l'Antiquité, les grands axes de communication reliant la Provence au Languedoc, l'Espagne à l'Italie par la voie des Alpes et la côte, se rejoignent à Tarascon pour franchir le Rhône. Aussi, très tôt, un petit poste militaire s'y établit. Les Phéniciens et les Grecs empruntèrent et utilisèrent le site au cours de leurs explorations; plus tard Tarascon se trouve au carrefour des voies romaines reliant l'Italie aux possessions d'Espagne, de Gaule, de Grande-Bretagne et de Germanie.

Comptoir phénicien, les Massaliotes* s'y établissent 3 siècles avant notre ère, puis, vicus romain sur la voie Domitienne, Tarascon n'est alors qu'une infirme bourgade de pêcheurs. Sous l'occupation romaine, un castrum, celui d'Ernaginum* est construit sur la rive gauche du Rhône contrôlant ainsi la navigation, les trafics sur le fleuve et sur la terre tandis qu'en face, sur l'autre rive, le castrum d'Ugenum*, édifié sur l'éperon rocheux de l'actuel Beaucaire contrôle la rive droite. L'importance des villes voisines de Nemausus (Nîmes) et Arelate (Arles) incita les romains à implanter de façon permanente une surveillance fortifiée sur le rocher de Tarascon.

Lorsque au 1er siècle, la Tarasque, crocodile ou dragon, y provoque des ravages, cette plaine au bord du fleuve risque de rester un domaine de marécages et de forêts abandonné de ses habitants.

Vers l'an 50 à l'endroit même qu'occupe la ville, vit une population de pêcheurs et de bateliers disséminés sur les îles sablonneuses que forment les bras du Rhône et dont les inondations entretiennent de vastes marécages. L'endroit est favorable au commerce, les Phéniciens y ont fondé un comptoir et une escale; les Romains y font passer une route très fréquentée et l'agglomération devient assez importante pour que Strabon (géographe) l'ait signalée.

Le pays est dévasté au cours des siècles par les diverses invasions barbares, la ville d'Arles tombée aux mains des Wisigoths* en 476 est en ruines, celle d'Ernaginum est rasée définitivement en 480. Les habitants de Laurade* et d'Ernaginum detruites se réfugient au chef-lieu. La cité de Sainte-Marthe s'étend tout autour de l'église élevée au-dessus du tombeau sacré. Des murailles de protection et des tours de défense enferment l'agglomération.

Les Wisigoths sont chassés par les assauts des Burgondes* et des Francs* au 6ème siècle. En 737-739, le pays est alors arraché aux mains des Sarrasins* soumis par Charles Martel. La Provence est dévastée et Tarascon reste une simple halte. Cependant, les avantages géographiques de la ville demeurent et une circonstance politique va jouer en faveur de cette petite bourgade. En effet, par le traité de Verdun, en 843, l'Empire de Charlemagne est divisé en trois souverains indépendants, la Provence est incluse dans la part de Lothaire*. Son royaume s'étend de l'actuelle Hollande au sud de l'Italie, Tarascon, devient de part sa position sur le Rhône, une zone frontalière stratégique.

Le fortin de la Tarasque devient donc essentiel. D'après la tradition, un ouvrage en bois aurait précédé dès le 9ème, le premier château féodal dont l'existence est attestée vers 1040 par la nomination d'un châtelain de Tarascon au service du Marquis de Provence.

Au 15ème siècle, des éléments nouveaux d'accroissement viennent s'ajouter. C'est en partie grace à la création par le Roi de France Louis XI d'un Chapitre Royal en l'église Sainte-Marthe, et au rayonnement de la foi que l'on voit la ville grandir.

Ces deux faits avaient amené, l'un, l'installation de nobles familles étrangères, l'autre l'installation de hauts dignitaires ecclésiastiques. Ainsi, la consécration et la glorification du culte de la Patronne de Tarascon vont de pair avec une extension de la ville et un accroissement de la population.


 

L'enseignement se développe par l'intermédiaire d'institutions religieuses. Le Collège est créé en 1640 par les Doctrinaires. Les jeunes filles sont instruites par les Ursulines installées au Prieuré Saint-Nicolas et par les Visitandines qui ont remplacé les Clarisses à l'emplacement où fut construit plus tard, en 1884, l'Ecole communale des garçons, détruite en 1944.

Les arts, les lettres et les sciences fleurissent à Tarascon grâce aux hommes éminents que fournit un important clergé. On compte des musiciens comme Jean Gilles et Charles Gauzargues, des mathématiciens comme Privat de Mollières, des littérateurs comme Jean Bertet, des médecins comme André Du Laurens et Pierre Fabre, des orateurs comme Charles Bouquin et le P. Planchet, des historiens comme Léon Ménard, des poètes comme Chalamont de la Visclède.

En 1720, la ville compte 20 000 habitants. En ce début du 18ème siècle, c'est l'apogée de la cité de Tarascon. Autour de la ville et de sa ceinture de remparts, les faubourgs s'étendent. Une nouvelle rectification des remparts a été faite en 1758, à l'Est, depuis Notre Dame de Bonaventure (chapelle du 15ème siècle que l'on peut voir à l'entrée de l'hôpital mixte. Elle était jadis le siège religieux de la corporation des menuisiers et fustiers de la ville).

Avec la Révolution, le Chapitre Royal est dissous brutalement. Le dernier office est célébré le 7 novembre 1790, toutes les communautés religieuses sont dispersées, leurs richesses dilapidées, leurs biens vendus à des prix dérisoires. Les chapelles et les églises sont transformées en entrepôts, greniers, et même en écuries. La Collegiale Sainte-Marthe n'est pas non plus épargnée : l'église est dépouillée de son trésor et de ses œuvres d'art, notamment la Châsse en or offerte par Louis XI, l'autel en argent, don de Grégoire XI, certaines peintures et les tapisseries des Gobelins qui ornaient le Chœur; les prêtres et les religieux sont pourchassés; toutes les croix publiques abattues… En mai et juin 1795, lors de la réaction thermidorienne, le château fut le théâtre de massacres dus à la passion politique.

Partout la désolation, la peur et la terreur, cette fin de siècle marque aussi le déclin de la cité.

Par la loi du 28 pluviose de l'an VIII (le 17 février 1800), Tarascon devenait le chef-lieu du district (arrondissement actuel d'Arles) et siège d'un Tribunal de 1ère Instance, le château est alors utilisé comme maison d'arrêt.

A partir du 19ème siècle, le déclin amorcé continue. En 1800, Tarascon compte 18.300 habitants, en 1816 : plus que 12.092 habitants, entre temps, la ville a perdu la Sous-Préfecture au bénéfice d'Arles.

Au rétablissement du culte en 1802, il n'est pas possible de rétablir l'ancien chapitre. Après le Concordat, Tarascon passe du Diocèse d'Avignon à celui d'Aix. Plus tard, Monseigneur Darcinoles divise le diocèse en 3 archi-diaconnés dont l'un emprunte son nom à Tarascon, le curé de Sainte-Marthe est alors élevé à la dignité d'Archiprêtre.
De décade en décade, les quelques recensements nous indiquent une diminution constante de la population, le commerce est en difficulté, l'artisanat végète et les métiers s'arrêtent les uns après les autres. Dans toutes les branches, la vie économique est en régression et l'exode continue vers les grandes villes. La création d'une importante station de chemin de fer et l'existence d'un régiment de cavalerie avec tout son état-major ne compensent pas les pertes de population. Le 20ème siècle voit se confirmer cette tendance, après la guerre 14-18, Tarascon est amputée d'une partie de son territoire avec l'émergence en commune du hameau de Saint-Etienne du Grès.

Le 15 novembre 1926, Poincarré par un décret-loi supprime le Tribunal de Tarascon, par voie de conséquence la Maison d'Arrêt devenue inutile est délivrée de ses hôtes indésirables qu'elle abrite depuis plus d'un siècle.

Le recensement de 1936 ne compte plus que 7.845 habitants à Tarascon. La guerre 1939-1945 lui porte un coup fatal par la destruction de près d'un quart de la ville avec les bombardements aériens de juillet et août 1944.

 


Source : Tarascon – Cité de Sainte Marthe de L. INARD
Imprimeries des Editions Provençales – Aix
 
 
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