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Histoire
de Tarascon du
1er siècle à 1945
Carrefour
stratégique depuis l'Antiquité, Tarascon,
petite bourgade de pêcheurs devient dès le
1er siècle après Jésus-Christ un centre
religieux important…
Depuis l'Antiquité, les grands axes de communication
reliant la Provence au Languedoc, l'Espagne à l'Italie
par la voie des Alpes et la côte, se rejoignent à
Tarascon pour franchir le Rhône. Aussi, très
tôt, un petit poste militaire s'y établit.
Les Phéniciens et les Grecs empruntèrent et
utilisèrent le site au cours de leurs explorations;
plus tard Tarascon se trouve au carrefour des voies romaines
reliant l'Italie aux possessions d'Espagne, de Gaule, de
Grande-Bretagne et de Germanie.
Comptoir
phénicien, les Massaliotes*
s'y établissent 3 siècles avant notre ère,
puis, vicus romain sur la voie Domitienne, Tarascon n'est
alors qu'une infirme bourgade de pêcheurs. Sous l'occupation
romaine, un castrum, celui d'Ernaginum*
est construit sur la rive gauche du Rhône contrôlant
ainsi la navigation, les trafics sur le fleuve et sur la
terre tandis qu'en face, sur l'autre rive, le castrum d'Ugenum*,
édifié sur l'éperon rocheux de l'actuel
Beaucaire contrôle la rive droite. L'importance des
villes voisines de Nemausus (Nîmes) et Arelate (Arles)
incita les romains à implanter de façon permanente
une surveillance fortifiée sur le rocher de Tarascon.
Lorsque
au 1er siècle, la Tarasque, crocodile ou dragon,
y provoque des ravages, cette plaine au bord du fleuve risque
de rester un domaine de marécages et de forêts
abandonné de ses habitants.
Vers
l'an 50 à l'endroit même qu'occupe la ville,
vit une population de pêcheurs et de bateliers disséminés
sur les îles sablonneuses que forment les bras du
Rhône et dont les inondations entretiennent de vastes
marécages. L'endroit est favorable au commerce, les
Phéniciens y ont fondé un comptoir et une
escale; les Romains y font passer une route très
fréquentée et l'agglomération devient
assez importante pour que Strabon (géographe) l'ait
signalée.
Le
pays est dévasté au cours des siècles
par les diverses invasions barbares, la ville d'Arles tombée
aux mains des Wisigoths*
en 476 est en ruines, celle d'Ernaginum est rasée
définitivement en 480. Les habitants de Laurade*
et d'Ernaginum detruites se réfugient au chef-lieu.
La cité de Sainte-Marthe s'étend tout autour
de l'église élevée au-dessus du tombeau
sacré. Des murailles de protection et des tours de
défense enferment l'agglomération.
Les
Wisigoths sont chassés par les assauts des Burgondes*
et des Francs*
au 6ème siècle. En 737-739, le pays est alors
arraché aux mains des Sarrasins*
soumis par Charles Martel. La Provence est dévastée
et Tarascon reste une simple halte. Cependant, les avantages
géographiques de la ville demeurent et une circonstance
politique va jouer en faveur de cette petite bourgade. En
effet, par le traité de Verdun, en 843, l'Empire
de Charlemagne est divisé en trois souverains indépendants,
la Provence est incluse dans la part de Lothaire*.
Son royaume s'étend de l'actuelle Hollande au sud
de l'Italie, Tarascon, devient de part sa position sur le
Rhône, une zone frontalière stratégique.
Le
fortin de la Tarasque devient donc essentiel. D'après
la tradition, un ouvrage en bois aurait précédé
dès le 9ème, le premier château féodal
dont l'existence est attestée vers 1040 par la nomination
d'un châtelain de Tarascon au service du Marquis de
Provence.
Au 15ème siècle, des éléments
nouveaux d'accroissement viennent s'ajouter. C'est en partie
grace à la création par le Roi de France Louis
XI d'un Chapitre Royal en l'église Sainte-Marthe,
et au rayonnement de la foi que l'on voit la ville grandir.
Ces deux faits avaient amené, l'un, l'installation
de nobles familles étrangères, l'autre l'installation
de hauts dignitaires ecclésiastiques. Ainsi, la consécration
et la glorification du culte de la Patronne de Tarascon
vont de pair avec une extension de la ville et un accroissement
de la population.
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L'enseignement
se développe par l'intermédiaire d'institutions
religieuses. Le Collège est créé en
1640 par les Doctrinaires. Les jeunes filles sont instruites
par les Ursulines installées au Prieuré Saint-Nicolas
et par les Visitandines qui ont remplacé les Clarisses
à l'emplacement où fut construit plus tard,
en 1884, l'Ecole communale des garçons, détruite
en 1944.
Les
arts, les lettres et les sciences fleurissent à Tarascon
grâce aux hommes éminents que fournit un important
clergé. On compte des musiciens comme Jean Gilles
et Charles Gauzargues, des mathématiciens comme Privat
de Mollières, des littérateurs comme Jean
Bertet, des médecins comme André Du Laurens
et Pierre Fabre, des orateurs comme Charles Bouquin et le
P. Planchet, des historiens comme Léon Ménard,
des poètes comme Chalamont de la Visclède.
En
1720, la ville compte 20 000 habitants. En ce début
du 18ème siècle, c'est l'apogée de
la cité de Tarascon. Autour de la ville et de sa
ceinture de remparts, les faubourgs s'étendent. Une
nouvelle rectification des remparts a été
faite en 1758, à l'Est, depuis Notre Dame de Bonaventure
(chapelle du 15ème siècle que l'on peut voir
à l'entrée de l'hôpital mixte. Elle
était jadis le siège religieux de la corporation
des menuisiers et fustiers de la ville).
Avec
la Révolution, le Chapitre Royal est dissous brutalement.
Le dernier office est célébré le 7
novembre 1790, toutes les communautés religieuses
sont dispersées, leurs richesses dilapidées,
leurs biens vendus à des prix dérisoires.
Les chapelles et les églises sont transformées
en entrepôts, greniers, et même en écuries.
La Collegiale Sainte-Marthe n'est pas non plus épargnée
: l'église est dépouillée de son trésor
et de ses œuvres d'art, notamment la Châsse en
or offerte par Louis XI, l'autel en argent, don de Grégoire
XI, certaines peintures et les tapisseries des Gobelins
qui ornaient le Chœur; les prêtres et les religieux
sont pourchassés; toutes les croix publiques abattues…
En mai et juin 1795, lors de la réaction thermidorienne,
le château fut le théâtre de massacres
dus à la passion politique.
Partout
la désolation, la peur et la terreur, cette fin de
siècle marque aussi le déclin de la cité.
Par
la loi du 28 pluviose de l'an VIII (le 17 février
1800), Tarascon devenait le chef-lieu du district (arrondissement
actuel d'Arles) et siège d'un Tribunal de 1ère
Instance, le château est alors utilisé comme
maison d'arrêt.
A partir du 19ème siècle, le déclin
amorcé continue. En 1800, Tarascon compte 18.300
habitants, en 1816 : plus que 12.092 habitants, entre temps,
la ville a perdu la Sous-Préfecture au bénéfice
d'Arles.
Au
rétablissement du culte en 1802, il n'est pas possible
de rétablir l'ancien chapitre. Après le Concordat,
Tarascon passe du Diocèse d'Avignon à celui
d'Aix. Plus tard, Monseigneur Darcinoles divise le diocèse
en 3 archi-diaconnés dont l'un emprunte son nom à
Tarascon, le curé de Sainte-Marthe est alors élevé
à la dignité d'Archiprêtre.
De décade en décade, les quelques recensements
nous indiquent une diminution constante de la population,
le commerce est en difficulté, l'artisanat végète
et les métiers s'arrêtent les uns après
les autres. Dans toutes les branches, la vie économique
est en régression et l'exode continue vers les grandes
villes. La création d'une importante station de chemin
de fer et l'existence d'un régiment de cavalerie
avec tout son état-major ne compensent pas les pertes
de population. Le 20ème siècle voit se confirmer
cette tendance, après la guerre 14-18, Tarascon est
amputée d'une partie de son territoire avec l'émergence
en commune du hameau de Saint-Etienne du Grès.
Le
15 novembre 1926, Poincarré par un décret-loi
supprime le Tribunal de Tarascon, par voie de conséquence
la Maison d'Arrêt devenue inutile est délivrée
de ses hôtes indésirables qu'elle abrite depuis
plus d'un siècle.
Le
recensement de 1936 ne compte plus que 7.845 habitants à
Tarascon. La guerre 1939-1945 lui porte un coup fatal par
la destruction de près d'un quart de la ville avec
les bombardements aériens de juillet et août
1944.
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