Entrée place de la Concorde
Cette église comprend une partie romane (12ème
siècle) et une partie gothique (14ème
siècle). Son portail est considéré
comme l'un des plus marquants du midi. L'église
est devenue un des sanctuaires les plus célèbres
de Provence depuis qu'en 1187 eut lieu la découverte
des reliques de Sainte Marthe que les Tarasconnais
vénéraient depuis déjà
longtemps.
Maintes
fois remaniée, l'église offre aujourd'hui
une silhouette composite. A partir du premier oratoire
chrétien, furent successivement édifiés
des sanctuaires plus importants. La crypte contient
le sarcophage antique (3ème / 4ème siècles)
de la sainte.
De
l'église romane, consacrée en 1197,
il reste aujourd'hui, un magnifique portail malheureusement
endommagé pendant la Révolution et un
clocheton dominant le lanternon d'une chapelle Renaissance.
L'église
gothique, reconstruite sur les murs romans, date de
1330. Le 15ème siècle ajouta le clocher,
les arcs boutants et une sacristie. Les chapelles
ont été creusées dans les murs
des bas côtés du 15ème au 18ème
siècle. A l'intérieur, une collection
de peintures religieuses des 16ème, 17ème
et 18ème siècles, ornent ce lieu saint,
et un orgue dont la partie instrumentale date de 1484,
classé monument historique, est adossé
au mur qui sépare le nartex de la nef principale.
Ouverture
: tous les jours de 8h à 18h - Entrée
libre
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L'EGLISE
(classée Monument Historique)
Lors des invasions sarrasines (8ème siècle),
le tombeau de Sainte-Marthe est enfoui afin qu'il
échappe à la destruction. Ce tombeau
est retrouvé dans des circonstances inconnues
en 1187, et identifié grâce à
une tablette de marbre disparue lors de la Révolution
Françaisee-portant l'inscription : "Beata
Martha jacet hic" : "ici repose la bienheureuse
Marthe". La découverte des reliques incite
les tarasconnais à édifier une nouvelle
église. Elle est placée au-dessus de
la précédente, devenue aujourd'hui la
crypte ou église souterraine, dont l'accès
se fait à l'époque par un petit porche
qui se trouve sur le mur Ouest, à la base du
clocher. Le nouvel édifice est consacré
en 1197 par l'archevêque d'Arles assisté
par l'évêque d'Avignon. Une inscription
sur un bas relief, encastré à droite
du portail méridional (entrée principale),
rappelle la découverte des reliques et la dédicace
de l'église le 1er juin. Sa traduction est
: "vers la fin de cette année 1187, nous
est manifesté le corps de Sainte Marthe, hôtesse
de Jésus-Christ. Le 1er juin 1197, le prélat
Imbert, accompagné du prélat Rostang,
consacre l'église". Le texte est orné
d'une frise représentant :
- à gauche : trois ecclésiastiques
autour du corps intact de la sainte, déposé
sur une table.
- au centre : deux anges élevant
la Vierge Marie.
- à droite : les deux évêques
consécrateurs de part et d'autre d'une table
d'autel portée par quatre petites colonnes.
L'église que nous voyons aujourd'hui
est un véritable amalgame des siècles.
Toutes les époques y ont laissé leur
empreinte. On distingue deux parties :
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LA CRYPTE :
considérée
comme l'un des sanctuaires les plus ancien de Provence.
Son sous-sol recèle des traces d'un habitat pré-romain
datant du 3ème ou 4ème siècle avant
notre ère.
L'église supérieure
: édifiée à des époques différentes,
comprenant les vestiges de l'ancienne église romane
(du 12ème siècle), la partie gothique et renaissance
(14ème et 17ème siècle).
De
l'église romane, il ne reste que le portail, les
murs d'enceinte Sud jusqu'à hauteur des voussures,
la partie nord-ouest englobant la base du clocher.
Complétant la partie romane, les constructions de
l'église haute (gothique) furent terminées
en 1360. Une particularité à Tarascon : pas
de fenêtre sur le mur nord à cause de la violence
du mistral. |
LE
PORTAIL
Entrée principale, mur sud.
C'est une des parties les plus nobles et importantes du
monument. S'il n'avait subi les mutilations opérées
durant la Révolution Française, il serait
considéré comme l'un des plus beaux du roman
provençal (après ceux de Saint-Gilles et de
saint Trophime d'Arles). Malheureusement, les bas-reliefs
et les statues qui le décoraient ont été
détruits en juin 1793, et rasés
à fleur de pierre.
Des scènes bibliques entremêlées d'épisodes
empruntés aux traditions locales en étaient
le sujet. Le linteau rappelait l'entrée triomphale
du Christ à Jérusalem. Le tympan, maintenant
vide, représentait le Christ en majesté, entouré
des attributs symbolisant les quatre évangélistes.
Au-dessus des chapiteaux, dans l'angle droit, on distingue
la silhouette de Sainte Marthe domptant la Tarasque. Dans
l'angle opposé à gauche, il y avait la résurrection
de Lazare (on voit encore le tombeau à la base).
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LE
CLOCHER
La tour du clocher est romane et n'avait pas initialement
la hauteur d'aujourd'hui. Un œil observateur remarquera
un vestige de gargouille à mi-hauteur côté
nord, attestant clairement son élévation.
La partie sommitale était crénelée
et couverte d'une terrasse. Le campanile et la flèche
vinrent plus tard, René d'Anjou autorisant l'achèvement
du clocher. En 1470, il écrivait à son sénéchal
Jean de Cossa ce qui suit : “Nous voulons bien qu'il
soit fait, mais que ce
soit à jour le plus clair que faire se pourra, en
manière qu'il ne peust nuyre au chastel pour les
inconvénients…" "Au plus clair que
faire se pourra" signifiant : ne point gêner
la visibilité des guetteurs du château en cas
de danger, d'approche ennemie.
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L'INTERIEUR
La nef principale est supportée par des colonnes
à faisceau : les petites soutiennent les croisées
d'ogive et les grosses, les arcs-doubleaux. Les chapelles
latérales ont été construites
entre les contreforts de l'église gothique.
Celles du côté nord sont les plus anciennes
(14ème et 15ème siècle). Elles
sont dues à des familles nobles qui en faisaient
leur lieu de sépulture, ou à des corporations.
Nous
vous suggérons de suivre le cheminement ci-après,
afin d'apprécier l'ensemble des éléments
de la Collégiale, notamment la riche mais méconnue
collection de peintures de 17ème et 18ème
siècle, dont les auteurs sont des artistes
renommés.
En
entrant, dirigez-vous droit devant, vers le mur nord.
Sur la gauche, en hauteur, vous voyez : "Sainte
Cunégonde et Sainte Cécile", œuvre
de Charles Parrocel.
Charles
Parrocel : Paris 1688-1752. Les Parrocel sont une
famille de peintres français, surtout connus
aux 17ème et 18ème pour leurs peintures
représentant des batailles et des scènes
militaires.
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Au-dessus
du tableau, surélevé se trouve l'orgue : la
partie instrumentale originelle de l'instrument existe toujours
et date de 1484. Il a subit plusieurs transformations afin
d'être agrandi et embelli. Le buffet polychrome actuel
date de 1712. Il est entièrement classé monument
historique. |
MUR
NORD:
La chapelle des reliques :
On peut y admirer une reproduction du buste reliquaire (en
cuivre doré), offert par le Roi Louis XI en 1478.
Il était destiné à recevoir le chef
de la sainte. Considéré comme le plus riche
du royaume à l'époque, il était en
or massif et pesait plus de vingt cinq kilos ! Lors de la
Révolution Française ordre fut donné
de l'envoyer à la monnaie.
Au pied du reliquaire se trouve un gisant en marbre d'Italie,
représentant Sainte Marthe. Il faisait partie d'un
revêtement destiné à couvrir le tombeau
antique, offert en 1653 par Monseigneur de Marianis, évêque
d'Avignon. |
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La chapelle Notre-Dame du Rosaire :
"Sainte Marthe triomphe de la Tarasque" : œuvre
de Carle Van Loo (1730).
Charles-André
Van Loo (dit Carle) : Nice 1705-Paris 1765. Peintre français
formé en Italie, professeur à l'Académie
Royale de Paris en 1737, premier peintre du Roi Louis XV.
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En
1762, il représente "Le grand style" au
sein de l'esthétique rococo (tableaux religieux ou
mythologiques, "turqueries", panneaux décoratifs). |
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Après cette chapelle, dans le
mur, au niveau de la chaire du 17ème, vous pourrez
admirer la grille de l'armoire des reliques, en fer forgé
du 12ème siècle.
La
chapelle Sainte Marie-Madeleine :
“Saint Dominique" : œuvre de Pierre Sauvan,
peintre arlésien.
"Arrivée
de Notre Seigneur à Béthanie" : œuvre
de Nicolas Mignard.
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Nicolas
Mignard : dit Mignard d'Avignon, Troyes 1606-Paris 1668.
Peintre français, il travailla surtout à Avignon,
mais fut appelé, après 1660, à décorer
un appartement du Roi Louis XIV aux tuileries. Il fut le
peintre favori de la famille royale, de Richelieu puis de
Mazarin.
LA
CHAPELLE SAINT ANDRE:
Vous pouvez y voir l'œuvre la plus ancienne que détient
la Collégiale qui est un retable en triptyque datant
de 1510, représentant saint Jean, Saint Roch et Saint
Laurent.
Egalement présents, deux tableaux de Charles Parrocel
: "Sainte Marie l'égyptienne" et "Saint
André", et une peinture anonyme représentant
"L'adoration des mages et des bergers".
MUR
EST:
La chapelle du Sacré-Cœur :
Au-dessus de l'entrée : "La résurrection
de Lazare" (1747), et en hauteur sur la gauche "l'Agonie
de Sainte Marthe", deux œuvres de Joseph-Marie
Vien.
Joseph-Marie
Vien : Montpellier 1716-Paris 1809. Peintre français
précurseur du néo-classicisme. Il fut directeur
de l'Académie de France à Rome. L'œuvre
maîtresse du peintre qui lui ouvrit les portes de
l'Académie Royale, est constituée par les
sept tableaux représentant les scènes principales
de la vie de Sainte Marthe, peintures réalisées
de 1747 à 1751. Il fut également le premier
peintre du Roi Louis XVI. |
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La chapelle Notre-Dame du Château
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A l'intérieur, une réalisation de Nicolas
Mignard : "l'Assomption de la Vierge".
Au-dessus
de l'entrée : "Prédication de Sainte
Marthe" par Joseph-Marie Vien (1747).
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MUR
SUD :
La chapelle Sainte Jeanne d'Arc :
"Saint Thomas d'Aquin" et "Sainte Catherine
de Sienne" par Charles Parrocel.
"Saint François d'Assise" de Carle
Van Loo.
La
chapelle du Corpus Domini :
"Sainte Marthe reçoit Jésus-Christ
à Béthanie" par Joseph-Marie
Vien (1747).
La
chapelle Saint Claude :
A gauche : "Arrivée de Sainte Marthe
en Provence".
A
droite : "Funérailles de Sainte Marthe".
Les
deux œuvres sont de Joseph-Marie Vien.
La
chapelle du Purgatoire :
un Christ en croix par Charles Parrocel.
La
chapelle Sainte Cécile :
"Adoration des mages".
"Annonciation".
"Adoration des bergers".
Les trois œuvres sont de Charles Parrocel.
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PORTE
OUEST :
Tournez le dos à cette porte et élevez votre
regard, vous pourrez voir "l'embarquement de Sainte
Marthe", une œuvre de Joseph-Marie Vien.
Poursuivez
votre visite en vous dirigeant en direction de la crypte.
A droite des escaliers y conduisant, encastrée dans
le mur, se trouve une dalle funéraire représentant
un chevalier armé. Il s'agit de Guillaume Crespin,
Capitaine du château sous Louis III et le Roi René.
Aux deux angles supérieurs, vous pouvez noter la
présence des armoiries de la famille Crespin. Sur
le pourtour, l'inscription dit :"ci-gît le noble
homme Guillaume Crespin, de la ville de Château-Gontier
en l'évêché du Mans, Capitaine du château
de Tarascon et trépassé en l'an 1440 et le
25 juin. Que Dieu ait son âme.” |
En
descendant les escaliers, vous arrivez sur un palier. Face
à vous se trouve un tableau de Charles Parrocel :
"Notre-Dame du peuple".
Sous le tableau se trouve un cénotaphe de la fin
du 15ème siècle, dit aussi tombeau gothique
de Sainte Marthe. Il est l'œuvre d'un artiste renommé
: Francesco Laurana, qui le conçu à la demande
du Roi René. A sa base, vous remarquerez deux ouvertures
par lesquelles l'on faisait toucher les reliques
aux malades et aux nécessiteux. Il est orné
de trois bas-reliefs séparés par des pilastres
cannelés représentant : à gauche, Sainte
Marthe et la Tarasque; au centre, Sainte Madeleine enlevée
par les anges; à droite, Lazare, mitre et crosse
en main.
Deux
personnages de part et d'autre : à gauche , Saint
Front, évêque de Périgueux, présent
aux obsèques de Sainte Marthe; à droite :
Sainte Marcelle, servante de Marthe.
Francesco
Laurana : Zadar, vers 1420/1430-Avignon ? vers 1502, sculpteur
croate de l'école italienne. Il fut actif à
Naples, en Sicile et en Provence ; célèbres
bustes féminins, très épurés.
Sur
ce même palier, vous pouvez voir trois plaques commémorant
le passage de personnages célèbres : à
côté du tableau, Louis XIV, face à lui,
Clovis et François Ier, de part et d'autre de l'escalier.
Sur
la droite de l'escalier menant à la crypte proprement
dite, se trouve un magnifique tombeau du 15ème siècle,
œuvre de Francesco Laurana. C'est là que fut
inhumé Jean de Cossa, Sénéchal de Provence,
illustre napolitain qui sacrifia ses biens pour s'attacher
au Roi René, et qu'il servit avec fidélité
sa vie durant. Son épitaphe dit : "ici repose
Jean, de la Maison de Cossa, comte de Troia et citoyen de
Naples. Il abandonna sa patrie pour suivre la gloire du
Roi René, auquel, partout et toujours, il demeura
fidèle. La Provence, dont il fut Sénéchal,
éprouva les douceurs de son gouvernement. Et par
sa valeur, il dompta les peuples de Ligurie. Il mourut la
76ème année, le 6ème mois et le 6ème
jour de sa vie, et de notre salut l'an 1476, le 6 des nones
d'octobre. O digne témoignage de pitié."
Jean de Cossa est représenté couché,
armé de toutes pièces, un chien, symbole de
fidélité, est à ses pieds. Le Sénéchal
est revêtu de sa cotte et du haubert de mailles.
Sous le bras gauche, on remarque la décoration de
l'Ordre du Croissant institué par le Roi René,
et dont Jean fut sénateur en 1450. On y lit ces mots
: "Loz en croissant", c'est-à-dire que
l'on est digne de "loz" (louanges) qu'en croissant
en mérite et en vertu. Au côté gauche,
on voit une lance rompue (allusion aux tournois). La grille
entourant le tombeau est ornée de fleurs de lys.
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